En 2024, 78 697 nouveaux diagnostics de cancer ont été enregistrés en Belgique, soit une augmentation de 1,4 % par rapport à 2023. Derrière ce chiffre national se cachent toutefois des différences régionales : alors que la Région de Bruxelles-Capitale enregistre une légère diminution (-0,6 %, passant de 5 728 à 5 695), le nombre de diagnostics augmente en Flandre (+1,3 %, de 46 718 à 47 341) et en Wallonie (+2,1 %, de 25 139 à 25 661). Les hommes représentent toujours la plus grande part des diagnostics (54,3 %, contre 45,7 % chez les femmes), même si l’écart tend progressivement à se réduire.
Le trio de tête des cancers les plus fréquents reste inchangé. Chez les hommes, le cancer de la prostate demeure le cancer le plus souvent diagnostiqué, suivi du cancer du poumon et du cancer colorectal. Chez les femmes, le cancer du sein reste largement prédominant. Le cancer du poumon conserve sa deuxième place, devant le cancer colorectal.
Fait marquant : après plusieurs années de hausse (à l’exception de 2020), le risque de développer un cancer de la prostate semble se stabiliser depuis 2023 et même légèrement diminuer. Les estimations pour 2025 indiquent toutefois une nouvelle augmentation limitée.
Chez les femmes, le risque de cancer du sein reste relativement stable, bien que des différences apparaissent selon les groupes d’âge. Ce risque diminue chez les femmes de 50 à 69 ans, groupe cible du programme de dépistage organisé et augmente chez les femmes de 70 ans et plus.
L’évolution du cancer du poumon présente des tendances contrastées. Chez les hommes, la tendance à la baisse se poursuit et devrait se maintenir en 2025. Chez les femmes, en revanche, le nombre de diagnostics continue d’augmenter. En parallèle, une nouvelle encourageante est que les chances de survie au cancer du poumon continuent de s’améliorer tant chez les hommes que chez les femmes.
Les autres types de cancer présentent des évolutions variables. Les cancers de la tête et du cou continuent de diminuer chez les hommes, principalement en raison de la baisse des cancers du larynx, tandis que leur incidence se stabilise chez les femmes. À l’inverse, le cancer du pancréas, dont le pronostic est généralement défavorable, continue d’augmenter tant chez les hommes que chez les femmes. L’incidence de cancers du foie, de cancers du testicule, de cancers cutanés non- mélanomes et des tumeurs du système nerveux central poursuit également sa progression.
Parallèlement, le risque de plusieurs autres cancers est en diminution, notamment le cancer de l’estomac chez les hommes et les femmes, les cancers de l’utérus et de l’ovaire chez les femmes, ainsi que le cancer de la vessie chez les hommes.
Créé en 2005, le Registre belge du cancer (Belgian Cancer Registry, BCR) rassemble les données relatives aux diagnostics de cancer depuis 1999 en Flandre et depuis 2004 dans l’ensemble de la Belgique. Ces données constituent une base essentielle pour les politiques de santé, les programmes de dépistage et la recherche scientifique. Les chiffres les plus récents ont été ajoutés au module de données du site du Registre belge du Cancer, qui permet aux utilisateurs de générer eux-mêmes des graphiques et des tableaux.
Ces nouvelles analyses mettent en lumière à la fois les progrès réalisés et les défis persistants dans la lutte contre le cancer. Elles soulignent l’importance de poursuivre les efforts en matière de prévention ciblée, de dépistage et d’innovation dans le secteur des soins de santé.